Mont Huayna Potosi: 13 – 15 Septembre 2013

Jour 1 : entrainement avec crampons et piolets et nuit au refuge (4700m)

 

Aujourd’hui est un jour particulier : Je décide de partir faire l’ascension d’une des montagnes de la Cordillera Real : le Huayna Potosi (jeune colline) situé à 6088 mètres d’altitudes. L’ascension à une telle altitude reste quelque chose que je n’avais encore jamais réalisé (max 4900 à Huaraz). L’ascension se déroule en trois jours.  La spécificité de cette ascension est qu’il me faudra marcher avec crampons et piolets. C’est une grande première pour moi

Le premier jour, j’ai rendez vous à 8h à l‘agence pour que l’on me remette l’équipement nécessaire. Au programme : Crampons, piolets, pantalons, gants, bonnet et bottes. Nous serons 6 à faire l’excursion, un couple d’Italien qui viennent de terminer leur étude de médecine, un portugais en vacance et le couple de Français rencontré à l’Isla del sol et La Paz qui ont décidé de se lancer dans cette aventure : Elise et Mika qui ont un peu près mon âge. Ils voyagent également autour du monde, mais eu font le voyage dans le sens inverse du mien et cela fait presque 9 mois qu’il voyage. Nous serons accompagnés de 3 guides. Un guide pour deux personnes.

Nous arrivons au camp de base situé à 4700m vers 13h, déposons nos affaires au refuge, avalons un repas chaud, puis nous nous équipons avant de partir pour une session d’entrainement sur un glacier.

Au cours de l’après midi, notre guide nous apprend à nous servir de notre matériels : crampons et piolets. En effet, pour l’ensemble du groupe c’est la première fois que nous utilisons ce type de matériels. Il nous fait escalader des petites pentes faciles, en montée, puis en descente, en nous expliquant plusieurs techniques.

Ensuite, nos guides nous font faire escalader un mur de glace ! Nous sommes encordés et nous devons nous servir des crampons et des deux piolets pour parvenir au sommet du mur. Exercice qui demande énormément d’énergies, mais une fois arrivé au sommet le plaisir est immense. Néanmoins, nos guides nous informent que nous n’aurons pas besoin de faire de l’escalade sur glace pour grimper au sommet du Huayna Potosi. En fin d’après midi nous devons rentrer car il se met à neigé fortement.

Le soir, nous retournons au refuge et passons la soirée à jouer au Uno.

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Jour 2 : montée jusqu’au camp de base (5300 m)

Pour ma première nuit, j’ai plutôt bien dormi malgré l’altitude. Par contre, au réveil je suis pris de sévère crampe d’estomac. Je décide néanmoins de faire du forcing et continuer l’expédition.

Pour cette journée, une marche de 3h nous attend afin d‘atteindre un refuge situé à 5300 mètre d’altitudes. L’ascension se fait sans équipement. Malheureusement, le temps est grisâtre et il est difficile d’apercevoir le paysage. De toute façon, ayant mal au ventre je marche recroquevillé en deux.

Une bonne partie de la marche se fait sur un sentier raide qui serpente des blocs de pierres. Puis ensuite nous traversons un chemin de neige. Vers 12h, nous arrivons au camp de base. Il s’agit d’une toute petite cabane avec matelas posés à même le sol. Nous passons l’après midi à nous reposé et surtout à nous acclimater à l’altitude en jouant encore une fois au Uno. Heureusement pour moi, en fin d’après midi mon mal de ventre passe. Par contre, le portugais ne se sent pas très bien. Cela fait que quelques jours qu’il est à La Paz et a dut mal à s’acclimater.

Vers 17h, les guides nous servent un repas léger et nous partons nous couché à 18h. Demain, à minuit, nous commençons l’ascension.

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Jour 3 : ascension finale (6088 m) et retour à La Paz

Il est minuit lorsque je me réveil. Je suis le premier levé. J’ai assez mal dormi car à cette altitude, l’organisme a du mal à s’adapter.

Nous nous habillons chaudement,  chaussons les crampons et il est une heure du matin lorsque nous sortons dans la nuit, éclairés par la lumière de nos lampes frontales. Le guide nous encorde : nous sommes deux par cordée, le guide devant pour nous tracer le chemin. Je fais équipe avec le Portugais. Au programme 900 mètre de dénivelé nous attend avant de parvenir au sommet.

Au bout d’une demi-heure, mon compagnon de route ne se sent pas bien et décide d’abandonner l’ascension. Je rejoins alors la cordée d’Elise et Mika tandis que mon guide et lui font demi tour. Vers la moitié du parcours, je change encore de groupe car je marche plus rapidement qu’eux. Je rejoins donc le couple d’italien. Je suis dernier de cordée.

L’ascension est assez difficile et nous nous accordons que quelques pauses. En effet, dès que nous nous arrêtons, les muscles se refroidissent très rapidement, et le froid nous engourdit. Du coup, les pauses sont courtes, 5 minutes au maximum pour principalement nous hydrater ou manger quelques biscuits pour nous donner de forces.

Le chemin pour grimper au sommet est assez raide mais n’est pas très difficile. Cependant, on distingue parfois dans le noir de grosses crevasses. Lorsque nous passons par des endroits plus raides, nous nous aidons du piolet pour grimper plus facilement. Plus nous montons, plus la respiration devient difficile. L’italienne pense à arrêter mais nous réussissons à la convaincre de continuer. Ici, ce n’est plus le physique qui compte mais uniquement le mental.

Peu avant d’arriver au sommet, il nous reste la partie la plus difficile à franchir. Le passage d’une crête vertigineuse avec le vide de part et d’autre. La crête ne fait pas plus de 30cm de largeur par endroit et il nous faut marcher de biais et nous aidé du piolet pour avancer. La crête est recouverte de neige glacée dans laquelle j’ai du mal à planter le piolet. Sur le moment, je ne suis pas très rassuré. Ici, le moindre faut pas peut être dangereux, alors mieux vaut être sur de soit. Pour le coup, je ne m’amuse pas à sortir mon appareil, donc pas de photo.

Enfin, après un dernier effort, nous parvenons à atteindre le sommet. J’ai réussit, je suis à 6088m d’altitude. Il nous aura fallut 6h, parcourir plus de 3km et 900m de dénivelé (merci ma montre). Malheureusement, les sommets sont dans le brouillard et il est difficile de voire la chaîne de la Cordillera Real. En raison du froid et du climat, nous ne restons pas longtemps au sommet. Juste le temps d’apercevoir les premiers rayons de soleil. Néanmoins, la satisfaction d’y être parvenus est énorme. C’est un moment unique que d’être au sommet

Il reste maintenant le retour. Je suis en tète de cordée. Le retour se fait en quelques heures. Par contre la fatigue se fait énormément ressentir. Je n’arrive plus à marché droit et n’arrive plus à trouver mon souffle. Je ne souhaite plus qu’une chose, arrivé au refuge. Néanmoins faisant jours, et le beau temps se montrant enfin, nous découvrons autour de nous tout le paysage qui nous entoure : grandiose. Nous apercevons enfin la Cordillera Real, ainsi que les différentes crevasses nous entourant.

Arrivé au refuge, il nous reste encore à descendre jusqu’au camp de base. Je récupère mon sac et reprend le chemin. La descente me parait interminable et mes jambes commencent à fléchir. Enfin, j’arrive au refuge, il est 13h et nous aurons marché plus de 10h. Je m’effondre de fatigue. De la, un bus nous ramène sur La Paz

L’ascension de ce sommet restera un temps fort de mon voyage. Sur le moment, on se demande pourquoi on fait ca. On ne fait qu’en baver. Mais le sentiment d’être parvenu au sommet fait oublier la douleur.

Le guide du routard décrit ce sommet comme le sommet de plus de 6000 mètres le plus accessible au monde, mais que cette ascension est réservée aux grimpeurs expérimentés et avec une bonne résistance physique. Et c’est le cas. L’ascension s’avère extrêmement difficile, et il est primordial de s’être bien acclimater à l’altitude. Beaucoup de personne ne sont pas parvenu à atteindre le sommet. Ici, le mental est primordial, et c’est l’unique chose qui permet d’atteindre les 6088 mètres. Au final, il s’agit de la chose la plus difficile que j’ai faite dans ma vie jusqu’à présent.

Le soir nous nous retrouvons tous dans un bar pour célébrer notre réussite.

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Huayna Potosi (2)

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